Mardi 3 novembre 2009
Ceux qui ont fait le chemin en même temps que nous se souviennent de Georges ; personnellement, nous l'avons rencontré le 12 septembre pour la première fois ; au repas du soir, il a fait 2 gâteaux pour tous les pélerins afin d'arroser le 1er anniversaire de sa petite fille... c'est bien cela Georges ?

Toujours prêt à donner un coup de main, toujours prêt à mettre la table, servir, faire la vaisselle ; bref, Georges est un de ces pélerins qu'on oublie pas. Nous l'avons retrouvé pour la dernière fois sur le chemin à Santiago où il est arrivé un jour après nous (il a accompagné Diane et Louis jusqu'à  Burgos (où ils s'arrêtaient) le mercredi 30 septembre et nous avions pique-niqué ensemble) puis il est parti à pied pour Cap Finisterre....

Pourquoi est-ce que je vous parle de Georges ? et bien parce qu'il est poête à ses heures et que, tout en marchant, il a cococté une suite à la chanson des pélerins : Ultreia.

Voici la partie connue et officielle :

Ultreïa, ultreïa ! et sus eia !
Deus adjuva nos !



Tous les matins nous prenons le chemin
Tous les matins nous allons plus loin
Jour après jour la route nous appelle
C'est la voix de Compostelle.

Chemin de terre et chemin de foi
voie millénaire de l'Europe
la voie lactée de Charlemagne
c'est le chemin de tous les jacquets

Et tout là-bas au bout du continent
messire Jacques nous attend
depuis toujours son sourire
fixe le soleil qui meurt au Finisterre.

Et voici les nombreux couplets de Georges :

Chemins de terre ou chemins de misère
part dans la nuit puis dans la lumière
doute après doute on avance quand même
c'est te dire combien on aime.

Français, Anglais ou alors Lithuaniens Allemands,
Danois ou même Coréens Espagnols,
Italiens on est tous mélangés
J'ai parfois du mal à m'exprimer.

Annie, Ritva, Joséphine,
Elisa Hubert, Daniel, Louis, Diane, Maria
Gunther, Rafa, Rasa, ou Adèle
C'est vraiment la tour de Babel.

Chemin de fric ou chemin spirituel
Chemin sportif ou même culturel
Millions de pas, millions de raisons
On a tous nos motivations.



Georges au centre entre Louis et Daniel

Chemin herbeux, pierreux, asphalté
parfois nos pieds n'en peuvent plus d'marcher
Mais là-bas au bout de ce chemin
Jacques nous sourit et nous tend la main.

Un jour viendra où on arrivera
Avec la Providence on le fera
en attendant nos pieds foulent la terre
pour atteindre le Finisterre.

Kairns de cailloux,montés, disséminés
murs de pierres sèches, étagées
ces mots écrits sur le bord du chemin
Magie d'instants sans lendemains.

Pain et pâté au bord d'une fuente
desayunos, café con leche
et puis ensemble un diner partagé
ça sent la fraternité.

Et tout là-bas, ces amis qui pensent à moi
qui prie pour eux, pour ma Mamma
ces intentions, données, à porter,
à déposer à St Jacques, à ses pieds.

Villages perdus au milieu de nulle part
hameaux blottis au creux des sierras
et ces grandes villes qui n'en finissant pas
c'est pourtant là où me mènent mes pas.
Tous ces visages rencontrés, oubliés
ces bien-portants, ces éclopés
mais tous ensemble tendus vers le même but
obtenir notre forme de salut.

Et puis aussi il y a Angela
si belle, si simple, si souriante à la fois
cadeau superbe, présent merveilleux
on est plusieurs à en être heureux.

Et si tes doutes, tes douleurs sont extrêmes
la Vierge est là, qui prie pour toi, qui t'aime
n'aie plus peur, aie seulement le foi
Marie te dit : "j'ai besoin de toi".

Y a des matins où le moral est au plus bas
l'après midi ça s'arrange à peine
ça sert à quoi de baisser les bras
il faut que tu avances quand même.


Et aussi tout au bout de ce chemin
il y a ce sourire de tendresse
joue contre joue cette caresse
Kareen, dis-moi que ce n'est pas la fin.

Et puis un jour, Christine, je reviendrai
chargé de sable et de souvenirs
ému aus larmes je t'embrasserai
nous promettant, ensemble, de repartir.

Georges


Ultreïa, ultreïa ! et sus eia !
Deus adjuva nos !

Merci Georges
Voici son adresse @mail
(si vous voulez lui transmettre directement vos réflexions, sinon vous pouvez faire un commentaire.)
georges-robert36@orange.fr

Hubert


Commentaire de Georges :

Quand je suis rentré beaucoup d'amis ou de parents m'ont dit "bravo". Et dimanche, lors de la messe que j'aidais à animer je me suis demandé qui était le plus "respectable". Ceux qui marchent sans d'autres soucis que de marcher, trouver à dormir, manger ou ceux qui sont restés et doivent faire face à leurs responsabilités et leurs engagements de tous les jours et de chaque instant??? Je me suis souvent dit sur ce chemin que nous étions des "privilégiés" et d'autres me l'ont dit aussi. Je continue de le croire même s'il ya des moments difficiles à vivre. Et vous? tous ceux qui sont restés, qu'en pensez-vous? Georges 

Par Pélerins de St Jacques
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Mardi 20 octobre 2009

" Heureux qui, comme Daniel(1), a fait un beau pélerinage..."
(1) ou Hubert, Georges, Annette, Raymonde, Jean-Pierre et tous les autres... 

Et oui, nous sommes rentrés, bien que la SNCF ait tout fait pour nous garder hors de notre village. J'ai refait fumer la cheminée et espère être encore plein de raison ... pour, de nouveau, prendre le large (avec, je l'espère, celle qui m'a manqué pendant un mois)...

Donc, Daniel et moi avons pris le chemin du retour par la "Renfe" (SNCF espagnole) espagnole ; mais à Hendaye, grêve de la SNCF ! Après avoir dormi quelques heures dans un wagon-lit, à 5h du matin, un bus nous a tranférés à Bordeaux ; là, nous avons pu prendre un des rares trains (vide aux 4/5!) pour la Roche-sur-Yon. Nous avions consciencieusement pris des billets que nul contrôleur n'est jamais venu vérifier.
Il reste à faire la lessive (la machine s'en occupera) et surtout à digérer ces 2 mois, ce qui demandera un peu de temps.

Juste un petit mot pour rappeler que la date et l'heure de notre arrivée était l'objet d'un petit concours dont le modeste prix permettra aux gagnants de garder un souvenir de notre périple. Merci à tous ceux qui ont misé, dont certains avec beaucoup d'humour (voir les commentaires de l'article).  J'ai bien dit "aux gagnants" au pluriel puisque nous avons décidé à l'unanimité de nos deux voix d'attribuer le même lot aux 3 plus proches réponses de l'heure d'arrivée (11h35), soit :
- Michel et Jacqueline Riand.
- Michèle Defois.
- Hubert et Liliane Fauchard.

NB mon ordinateur étant moins capricieux que certains PC ( Pelegrinos Computer), j'ai remis correctement les images destinées à l'article sur notre arrivée ( voir un article du 18/10).


Les "peregrinos", en gare de la Roche/yon, se hâtent vers "leur chère et tendre".

A bientôt pour quelques autres reflexions peut-être.

Daniel et Hubert


Par Pélerins de St Jacques
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Dimanche 18 octobre 2009
"Un pélerin ne revient jamais chez lui sans un préjugé en moins et une idée en plus."
 (Thomas More)

Nous y sommes à Santiago ! Santiago, si loin il y a 2 mois. Pensez donc, plus de 1500 km à faire à pied ! Jamais nous y arriverons ! Et bien si, nous avons touché le but de notre périgrination. Il suffit de s'obstiner jour après jour ; de mettre un pied devant l'autre... 35000, 45000 fois par jour. Etait-ce bien raisonnable ? est-ce que cela en valait le coup ?

Oui, nous avons souffert de la chaleur dans l'Aubrac et les Causses. Oui nous avons courbé l'échine sous la pluie à plusieurs reprises. Oui, nous avons trébuché sur des chemins caillouteux ... et dans les escaliers,  peiné sur des pentes raides, cherché nos appuis dans des descentes peu sûres, hésité sur le chemin à prendre... Etait-ce bien raisonnable d'entreprendre tout cela ?

Les pélerins, au moyen-âge, étaient encore bien mois raisonnables que nous. N'est-il pas dans la nature de l'être humain d'aller au-delá ? ULTREIA : plus haut, plus loin...

A nous les paysages sans cesse renouvellés, l'Aubrac verdoyante, les Causses arides, le Gers dessèché, les vignes de l'Armagnac, les vallonnements du pays basque, les Pyrénées et le col de Ronceveaux, les vignes de la Rioja, les plateaux infinis de la Meseta, les Sierras à traverser et enfin, la Galice, si douce et si verte.  A nous les aubes nouvelles flamboyantes à l'Orient.

A nous surtout les rencontres d'un jour, d'une semaine et parfois beaucoup plus. A nous les échanges avec des personnes jusqu'alors inconnues. A nous les liens qui se tissent, les retrouvailles dans de grandes embrassades, les repas le soir entr'amis ou nous avons partagé le " menu del peregrino".

A nous les richesses de l'architecture accumulées au cours de plus de 1000 ans : Conques, Moissac, Cahors, Roncevalles, Logroño, Burgos, Samos ... et Santiago. Tant et tant d'artisans et d'artistes oeuvrant, leur vie entière, pour créer ces chefs-d'oeuvres, régals pour nos yeux.

Merci à tous les "hospitaleros" qui se dévouent tout au long du chemin ; parmi les meilleurs :Jean-Marc et Marie, Jean-Michel, "Jesus", Michèle... ont fait une ou plusieurs fois le Camino. Merci à tous ceux qui ont oeuvré pour créer et entretenir ce chemin que tant de pélerins ont foulé avant nous.

Et maintenant ? la vie va reprendre son cours plus ordinaire, mais il restera cette expérience unique qui change le regard sur les choses, sur les hommes. Alors, si vous êtes tenté, quelques soient vos motivations, allez-y, prenez votre bâton de pélerins ; vous trouverez sur le camino bien plus que ce que vous êtes venu y  chercher.

Dans la Cathédrale de santiago, nous avons eu une pensée pour notre famille, pour ceux qui ont fait ou commencé le camino parmi nos amis. J'ai (Hubert) ressorti le papier puisé au hasard dans la corbeille de l'abbatiale du Puy en Velay, le matin du départ et écrite par une main anonyme :

" QUE L'AMOUR, LA BEAUTE ET LA GRACE NOUS ACCOMPAGNE SUR NOTRE CHEMIN TERRESTRE. QUE NOTRE JOIE INFINIE QUI VIBRE COMME UN TRESOR CACHE DANS CHAQUE COEUR SE REVEILLE POUR CHANTER LES MERVEILLES DU MONDE VISIBLE ET INVISIBLE.
ALLELUIA"

Amen !



Daniel et Hubert

NB : le blog va continuer encore un peu pour d'autres reflexions ou infos. 
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Dimanche 18 octobre 2009
"Si l'on est encore capable de pleurer devant la beauté des choses, c'est le signe que rien, en nous, n'est tout à fait perdu?"
(Georges Haldas)

Hola,

Des nouvelles de Santiago : (si l'ordinateur arrête de poser des problèmes! Il continue, nous ne pouvons que mettre des textes)

Samedi 17 :

Journée d'émotions ! Dans notre hâte d'arriver, nous avons pris le chemin dès 7h10. A Monte do Gozo, nous avons, du monument à Jean Paul II, aperçu, derrière un bosquet, les flèches de la cathédrale. Au moyen-âge, dans un groupe de pélerins, celui qui apercevait le premier la cathédrale était le "roy" du groupe ( celà expliquerait les noms "Roy" et "Leroy"). 

Encore une heure de marche et nous pénétrons sur la Plaza de Obradoiro et allons au point  zéro où est la coquille avant d'aller toucher les grilles d'accès à la cathédrale à 11h35. Nous sommes allés au bureau des pélerins faire établir notre "compostella". De retour sur la place, une dame nous propose une chambre pour 25 euros que nous visitons et acceptons. Claudine, originaire de notre commune : la Bruffière en Vendée et installée à Villalba, nous rejoint. Avec elle nous pénétrons dans la cathédrale, juste à temps pour voir le "Botafumeiro" (encensoir argenté de 50 kg) se balancer dans le transcept (ce qui est rare) : un groupe d'italiens a apparemment payé pour cela.

A l'heure du déjeuner, en Espagne, c'est-à-dire vers 14h30, Claudine nous propose d'aller au restaurant et elle choisit pour nous le menu et le vin : tout était extra ! Le soir nous nous sommes retrouvés entre pélerins chez "Manolo" avant d'espérer un repos bien mérité que les espagnols, toujours aussi fêtards et bruyants, ont perturbé jusqu'à 5h du matin.

Dimanche, nous retournons à la cathédrale et nous montons derrière le coeur embrasser l'apôtre comme le veut la tradition. Dans la crypte, nous nous recueillons devant les reliques du saint. Nous restons jusqu'á la messe des pélerins à 12h. Nous retrouvons Georges, qui arrive à sont tour, juste avant la messe et, avec lui et les 2 angevins que nous retrouvons aussi, nous allons déjeuner.

 
 Devant le monument à Jean-Paul II sur le Monte de Goso.  Cà y est, nous touchons au but, il est 10h35.
   
 Le "Botafumeiro", immobile, mais que nous aurons vu 2 fois
 en action. C'est un encensoir, de 50 kg pendu à une corde de 35m et qu'on fait osciller de façon spectaculaire. Il servait surtout, paraît-il, par ses effluves d'encens, à cacher les fortes odeurs corporelles des pélerins.
 La chasse qui renferme, selon la tradition, les restes de l'apôtre Jacques le Majeur et qui est à l'origine des pélerinages à Santiago de Compostella.
   
 Quelques heures agréables avec Claudine, notre compatriote installée depuis longtemps en Espagne à Villalba et qui nous a amicalement rendu visite.  Tout le long du parcours, de nombreuses statues de pélerins dont celui-ci à l'entrée d'une Albergue.



Les peregrinos.
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Vendredi 16 octobre 2009
"Avance sur ta route car elle n'existe que par ta marche"
(St Augustin)

Hola,

Nous avons renoncé à parcourir 36/38 km pour aller jusqu'à l'albergue de Monte do Gozo et avons préféré s'arrêter à celui d'avant : Pedrouzo-Arca qui nous permet de couper la distance en 2 parts égales : 21 Km chacun des 2 derniers jours.

Le ciel continue à être limpide ce qui est surprenant en Galice réputée très humide ; par contre les matins sont froids : 2.2 degrés enregistrés ce matin avec de la gelée blanche dans le fond des valons. En short, on sent la fraîcheur sur les cuisses... On met les mains dans les poches ou dans les manches.

Le paysage est campagnard avec des forêts d'eucalyptus et des coulemelles en pagaille.

 
 Petit retour en arrière, on vous avait promis la photo prouvant qu'il y en avait plein les bottes ( de l'eau de pluie) dans la Meseta. Voir article précédent.  Hier matin, il fait nuit mais la direction nous est donnée par ces deux personnages.
   
 Les coulemelles au bord du chemin. Dommage que nous n'ayons pas de quoi les cuisiner.  Toujours le chemin ; ici tout droit et en cours d'empierrement.




Venerabilis barba peregrinorum ( sur un air que certains connaissent)

Demain sera, pour nous, le grand jour... comment allons-nous le vivre ? on verra...

 

A bientôt.

 

Les peregrinos : Daniel et Hubert



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Texte Libre


La "Via Podiensis" du Puy jusqu'en Espagne.
Distance à parcourir en France : 750 km

 

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